« Mon enfant a de mauvaises habitudes » 

tParlons d’un sujet qui fâche : les mauvaises habitudes ! J’entends régulièrement des reproches adressés aux enfants sans prendre le recul nécessaire sur nos pratiques. Je lis beaucoup d’articles qui adoptent le parti des parents qui se confrontent au « terrible 2 », aux crises, aux addictions technologiques… Cet article là, va prendre le bord des  enfants en nous aidant à prendre du recul ! 

Trois anecdotes de familles

Première histoire : Souvent mes parents me racontent quelle petite fille j’étais : « tu étais terrible, tu étais tout le temps devant la télé, même en mangeant ». Or, la télé a toujours été posée sur un comptoir de cuisine (les 90’s tu sais !) inaccessible pour un bambin. Qui allumait la télé alors ? Et voilà 14 ans que j’ai quitté le nid familial et la télé reste allumée presque en permanence.

Seconde histoire : Je vois souvent sur les forums des parents se plaindre que l’enfant est accro aux téléphones et aux tablettes « il le réclame tout le temps, ça m’énerve ». Quand on fait un tour dans les magasins de jouets, ils regorgent de choses électroniques, faux téléphones, fausses tablettes, faux ordinateurs (dès l’éveil !)…

Troisième histoire : Depuis qu’Arthur rampe, bouge, s’assoit, attrape, met à la bouche, se met debout… j’ai réalisé qu’on passait notre temps à lui dire « NON ». C’est étonnant de voir le nombre de situations où nous sommes obligés de lui interdire quelque chose, il les trouve toutes ! D’ici quelques mois il entrera dans sa phase d’affirmation où il comprendra que ce « non » est un outil d’autorité et de contrôle. Il l’utilisera donc pour revendiquer son autonomie. Ce sera une étape qui fera partie de son développement, au cours duquel il exploitera les moyens que papa et maman lui ont donnés… entre autres ce « non » si souvent entendu.  

Prendre du recul

Ces trois anecdotes montrent qu’une prise de recul est nécessaire. Objectiver nos pratiques permet de mieux comprendre son enfant, d’améliorer notre pouvoir d’action et d’augmenter notre seuil de tolérance. « Savoir c’est pouvoir » comme disait Francis Bacon.

Dans mes deux premières histoires, j’arrête d’allumer la télé ou de donner la tablette, mais je sais aussi que ce sera difficile pour l’enfant parce qu’il aime ça (une habitude prend racine dans le plaisir qu’elle procure) ! Donc je l’accompagne, je m’investis pour créer des activités qui vont nourrir son plaisir autrement.

Dans mon troisième exemple, je diminue l’utilisation du « non ». Je lui change son attention de place en lui offrant une autre activité, je lui dis « stop » ou je revois mes exigences et je le laisse faire (si ça ne le met pas en danger). Dans ce cas de figure cependant, l’objectivation permet surtout d’augmenter notre seuil de tolérance. C’est-à-dire que le jour où il utilisera ces mots d’autorité et de contrôle, je saurais d’où ça vient et que c’est l’expression de son autonomie.

Pourquoi cette prise de recul est importante ? Parce qu’accuser un enfant d’avoir de mauvaises habitudes peut diminuer son estime de lui. Face à nos reproches il entendra  « tu es un mauvais enfant ».

Revoir nos exigences et définir nos propres valeurs

Il faut aussi savoir revoir nos exigences. Certaines « mauvaises » habitudes ne sont peut-être pas si mauvaises. Analysons nos critères plus régulièrement. Suis-je capable de vivre avec ? Est-ce que cela nuit à mon enfant ? Est-ce que ça va à l’encontre de nos valeurs ?

Dans la « société Instragam » actuelle, l’image est un fardeau. On se fait imposer des faux modèles qui nous poussent à croire que l’exception est une norme. Modèle de l’enfant parfait, du corps parfait, du parent parfait… Cette hégémonie de la perfection nuit à notre manière d’agir, nuit à nos enfants et à notre vie intime. C’est une déformation du réel qui a un impact négatif sur nos pratiques. Ainsi, on perd de vue nos valeurs, on impose à nos enfants des standards inutiles, on appelle « déviant » un comportement qui est en réalité un plaisir d’enfant!

Alors, je repose la question : certaines « mauvaises » habitudes sont-elles réellement mauvaises ?

Et nous ? Nos mauvaises habitudes, on en parle ?

Pour finir, il faut aussi travailler sur nos propres comportements. Personnellement, j’ai réalisé que j’étais beaucoup trop connectée à mon téléphone. Une addiction! J’ai pris une boîte dans laquelle je le range dès que je ramène Arthur de la garderie. Je me soigne. 😉  

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